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L'auteur

Pierrick Floc'h

Première image en tête ; l’océan.


Le dos à la dune en baie d’Audierne.


Ici, l'estran s'étire et court à marée basse sur près de 200 mètres.


Enfant, j'y cavalais l'équinoxe pour profiter d'un peu plus, un genre de chant sacré.


Pas de sirène, non.


Juste la Mer, son bruit, sa force, son odeur, ses couleurs glaz, son souffle ; le vent.


J'ai dit juste, mais je mens.


Un regard vers le nord, et à droite, une ligne de dunes herbue s'étend à l'horizon jusqu'à baiser Sizun. Parallèles, d'autres lignes plus blanches et mouvantes d'écume. Elles sont la crête des vagues venues là terminer leurs sept tours du monde. Sept, comme cette langue dans une bouche toute à faire ses détours pour que n'en sorte rien avant le bon moment...


Et puisqu' ici, la sagesse est légende, on pourrait dire de ces rouleaux indomptables qu’ils seraient les chevaux du tout dernier roi d'Ys.


Ça plaisait au gamin, à l’adulte, tout autant.


J’aime être bercé d’intemporalité, la nature y aide, tout comme la musique. J’y puise une partie de ce qui me constitue. Je m’y sens sur un fil tendu entre songe et réalité, j’y ai gagné la certitude d’être ici de passage, avoir corps, mais être âme, bateau ivre de vie habité de souvenirs.


En voilà un qui vient !



Sortent des silhouettes de la brume des ans.


Des pieds nus dans le sable. À marée basse, il suffisait d'aller au plus loin, vers l'eau. De piétiner le sable là où il est le plus beau quand il se fait miroir. Et les palourdes, des petites, les vénus, abusées et pensant la marée à nouveau remontante revenaient en surface.


Je souris…


Peut-être qu’inconsciemment, je viens de dire qui je suis ; un rêveur, les pieds jouant dans le sable, plutôt que bien sur terre.


Voilà pourtant qui ne me résume pas.


Il faudrait dire aussi un bar et une table amie, Siouxsie en fond sonore, du vin ou du café et des discussions en partage, de quoi refaire un monde, pisser sur quelques tombes, rire du dernier Everett, s’allumer de Bilal, ou nous enthousiasmer du prochain Almodovar. Bref ; profiter et (s’)aimer.

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