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Interview

Pierrick Floc'h

Auteur de Sheroes

Vous, d'abord


1. Si on enlève votre nom, votre métier et votre biographie officielle : vous êtes qui ?

Un Humanoïde Associé (quel héritage !), amateur de chocolat noir, amoureux de l’Iroise, synesthète (!).


2. Quel enfant étiez-vous ?

Première année de maternelle, j’étais anorexique et taiseux, mais bon gamin, et souriant. Si bien qu’à défaut d’autre chose, je reçus le prix du plus beau sourire. Depuis, les choses ont un peu changé, sinon le bon gamin.


3. Qu'est-ce qui vous a construit — ou abîmé — suffisamment pour que vous vous mettiez un jour à écrire ?

Oh punaise ! C’est une question sérieuse !

J’écrivais bien avant, mais peut-être le fait d’être devenu père m’incita à une nécessaire introspection. Une montagne de questions se sont alors imposées. Il me fallait replonger loin dans ma jeunesse pour y chercher des réponses, reconnaître des blessures que j’avais jusque-là toujours tues ou voulues ignorer. L’écriture comme thérapie, si on veut.


4. Vous souvenez-vous du premier livre qui vous a vraiment fait quelque chose ? Pas nécessairement le meilleur : celui après lequel vous n'étiez plus tout à fait le même.

A l’Ouest, Rien de Nouveau, d’Erich Maria Remarque. J’étais en seconde. J’en ai gagné quelques certitudes, un peu de force, et fait un premier pas vers une objection de conscience.


5. Et du premier livre qui vous a donné envie d'écrire ?

Haute Fidélitéde Nick Hornby. Je n’ai aucune hésitation, sans pouvoir trop expliquer ce choix, sinon que j’en ai adoré le ton léger et l’humour décalé.


6. Qu'est-ce que vous aimez chez les gens ?

Leur tendresse, leur écoute, leur intelligence, leurs sourires et leurs rires (liste non exhaustive !)


7. Qu'est-ce que vous supportez très mal ?

L’injustice, la prétention, la bêtise, l’absence de réflexion, l’égoïsme (ça n’est pas plus exhaustif !)


8. Vous êtes plutôt nostalgique, inquiet du présent ou curieux de ce qui arrive ?

Le présent est hautement anxiogène. Pour autant, quelques lumières persistent.


Maintenant, le livre


9. Pourquoi fallait-il que vous écriviez celui-là ?

A force de revisiter ma jeunesse, j’ai eu envie de m’y réinstaller pour en dire la révolte qui m’habitait en y intégrant d’autres luttes dont celle que je trouve maintenant la plus essentielle. D’où mon envie d’écrire au féminin.


10. Vous souvenez-vous du moment précis où il a commencé à exister ?

Un jour d’hiver, devant une maison décrépie située au 91 d’une rue où je m’étais perdu (ça commence comme David Vincent, non ?). Il en émanait un mystère (si !). J’en ai fait une photo et l’ai postée, noir et blanc, sur Instagram. Je l’ai légendée d’un drame qui se serait joué là. L’évidence d’y voir du sang sur le trottoir blanc de neige qui la bordait. J’ai fini par broder une cinquantaine de lignes. Trois des personnages du roman à venir étaient déjà présents, du moins leurs premiers contours. A force de fil et d’aiguille, j’en ai fait une scène qu’on retrouve dans Sheroes.


11. Entre le livre que vous pensiez écrire au départ et celui qui existe aujourd'hui, que s'est-il passé ?

Il n’y avait pour commencer que cette scène, et j’ai d’abord cherché à comment la rejoindre. Je pensais à une histoire d’amour trash, sombre, très No Future. Puis se sont invités d’autres personnages. J’ai commencé à les faire vivre. Je m’y suis attaché assez pour avoir envie d’autres choses. Et mon écrit est parti pluriel, suivant des sentes toujours assez abruptes, mais plus heureuses.


12. Quelle part de vous avez-vous mise dedans, y compris celle que personne ne saura reconnaître ?

Avant tout un espace-temps qui me fut familier, où la musique a une grande importance. Aussi, des personnes rencontrées depuis lors, enfin et peut-être surtout, mes blessures mais aussi mes valeurs, mes fiertés.


13. Y a-t-il quelque chose que vous avez osé écrire et que vous n’auriez jamais réussi à dire ?

Certains souvenirs enfouis, sans aucun doute.


14. Quel personnage vous ressemble le moins ? Et lequel vous ressemble beaucoup plus que vous ne voudriez l'admettre ?

Pour la première question, l’affreux Jeandot, sans surprise, et c’est heureux !

Pour ce qui est de la deuxième, je connais au moins une personne qui répondrait sans hésitation que je ressemble à Charlotte. Elle n’a pas souvent tort. Même si de mon côté, je me fantasme plus en Paul ou en Oscar, et que je me soupçonne finalement ressembler au vieux Bob.


15. À quel moment de l'écriture avez-vous pensé : « Ah, merde, là il se passe quelque chose » ?

J’ai écrit de courts textes sans trop savoir quoi en faire. La plupart du temps, ils disaient les émotions qui me traversaient. J’ai vite eu envie de trouver là matière à les intégrer au roman que je commençais. Comme ils étaient un brin oniriques, j’en ai souvent faits les paroles des chansons ou les courriers un peu barrés que je prêtais à Charlotte (Ok, ok ; la personne dont je parlais à la question précédente a peut-être vu juste, encore une fois…). C’était comme lui donner une profondeur alimentée de poésie, et de fébrilité. Quand j’ai eu des premiers retours et que j’ai compris ne pas être seul à vouloir un peu naviguer avec elle, je me suis dit que, peut-être bien…


16. Et à quel moment avez-vous eu envie de tout foutre à la poubelle ?

À force de travailler ce même personnage et constater son mal à sortir de ses névroses, j’ai eu un moment peur de tourner en rond et de m’y enfermer. Aussi, l’écriture, ou plutôt le travail qui suit le premier jet, est parfois super ingrat. A force de coller son œil et son âme trop près du texte, pointe un genre d’overdose. D’où la nécessité de pauses, et de reprises.


17. Quelle scène, quel passage ou quelle idée était là depuis le début et devait absolument survivre jusqu'au livre final ?

A chaque fois que Charlotte se rebelle ou qu’elle se montre excessive. J’aime bien la voir sortir de ses gonds, combattante, amoureuse ou aimante. L’idée de départ tenait dans ce personnage punk, dans sa rébellion, dans son déséquilibre, et son humanité.


18. Qu'est-ce qui a disparu en cours de route ?

Une toute fin en rebond qui aurait été l’annonce d’une suite que je veux faire. Elle dissonait, se transformant en genre de Happy End, d’ailleurs plus Happyque End. J’ai suivi bon conseil ; il fallait la supprimer pour laisser les lecteur.rice.s suspendre le temps, à leur façon.

Et puis le titre a changé. Initialement, j’avais appelé le roman Waltzin’ Matilda.


19. Qu'aimeriez-vous que le lecteur ressente en refermant le livre — pas qu'il comprenne : qu'il ressente ?

J’aimerais réussir à les avoir touché.e.s. Les avoir fait rire et pleurer. Que les personnages mis en scène laissent une petite emprunte. Qu’on en garde un joli souvenir.


20. Et qu'est-ce que vous ne voulez surtout pas lui expliquer ?

L’insoutenable légèreté de l’être. (Vous avez quatre heures !)


Votre petite cuisine


21. Vous écrivez comment : rituel obsessionnel, discipline militaire, chaos intégral, quand ça vient ?

Assez souvent, mon esprit s’égare la nuit en circonvolutions bancales. S’y bousculent des scènes, ou simplement s’y accrochent quelques mots comme autant de wagons d’un train dont je ne sais encore la destination. J’ai tendance à écrire le matin pour perdre le moins possible de ce qui m’est venu.


22. Silence absolu ou musique ?

Musique, toujours !


23. Vous écrivez vite ou vous passez vingt minutes sur une virgule ?

Généralement, un premier élan me vient vite, et il peut m’arriver d’avoir l’impression de tenir une idée. Après, c’est une bien autre affaire…


24. Il y a une heure, un endroit, une boisson, une cigarette, un objet sans lequel ça marche moins bien ?

Le café m’est nécessaire ! Quant à la cigarette, elle vient après. Quand j’ai l’impression d’avoir avancé. En presque récompense.


25. Vous montrez ce que vous écrivez en cours de route ou personne n'a le droit d'approcher ?

Dès que j’ai terminé un chapitre, j’aime le faire lire. En vérité, j’ai super hâte de savoir si « ça marche ». J’ai la chance d’avoir parmi mes ami.e.s des personnes qui ne se formalisent pas trop sur le petit chaos qui y règne. L’enthousiasme de certaines a été moteur. Les commentaires et le regard aiguisé d’une autre, ses impressions, ses conseils, enfin, ses corrections ont été très structurants.

Aussi, il y a un ami, professionnel de sa profession (!), un peu gascon. J’étais curieux et avais besoin de son avis. Sans sa relecture, la partie finale aurait été moins réaliste (et moins truculente ; je lui ai volé des expressions).


26. Quand vous relisez vos textes anciens, vous avez envie de les défendre, de les réécrire ou de vous cacher sous la table ?

Les réécrire, toujours. Et tout le temps !


La bande-son


27. Si votre livre était un disque, lequel serait-il ?

Garbage. Leur premier album. J’ai pioché sur la toile quelques-uns de leurs concerts du début des 90’s. Ils m’ont accompagné tout le long de l’écriture de Sheroes.


28. Quel morceau pourrait passer pendant le générique d'ouverture ?

Vow– Garbage.


29. Et pendant le générique de fin ?

Awful– Hole.


30. Quelle chanson connaissez-vous tellement par cœur qu'elle fait désormais partie de vous ?

A Man You Don’t Meet Every Day– The Pogues.

Avec une Guinness, pour la soif.


31. Quel artiste auriez-vous aimé voir sur scène à n'importe quelle époque, morts compris ?

Jeff Buckley


32. Quel disque avez-vous tellement écouté qu'il est associé à une période précise de votre vie ?

Concert à l’Olympia – Alan Stivell


33. Votre plaisir musical légèrement honteux — celui que vous défendrez quand même jusqu'à la mort ?

Forever Young- Alphaville.  Nan mais, premier slow, quoi!


34. Trois morceaux pour accompagner la lecture de votre livre ?

Trois seulement ! Je m’insurge ! Il en faudrait un par chapitre !

Enfin… Pour jouer le jeu ; en plus des deux mentionnés :

Charlotte Sometimes– The Cure

Cascade– Siouxsie And The Banshees

Only Shallow– My Bloody Valentine


Votre bibliothèque, votre panthéon et vos mauvais goûts


35. Quel écrivain auriez-vous aimé avoir pour ami ?

Umberto Ecco. Non ! Virginie Despentes. Non ! Antoine de Saint Exupéry. Non ! Marguerite Yourcenar. Non ! François Bourgeon !


36. Et lequel vous fascine mais aurait probablement été insupportable à fréquenter ?

Louis-Ferdinand Céline. Non !

Si : Louis-Ferdinand Céline.


37. Le livre que vous offrez le plus souvent ?

Les Compagnons du Crépuscule– François Bourgeon.


38. Un immense classique devant lequel vous restez totalement froid ?

Madame Bovary– Gustave Flaubert


39. Un livre considéré comme mineur ou mauvais que vous adorez ?

Le Sergent dans la Neige– Mario Rigoni Stern

Je ne pense pas qu’il soit considéré comme mineur ou mauvais. Mais de notre côté des Alpes, il me semble beaucoup trop peu connu.


40. Vous pouvez voler une phrase à toute la littérature mondiale et prétendre qu'elle est de vous. Laquelle ?

« L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites » - Albert Camus.

Et je la vole clope au bec, sur une terrasse parisienne (phrase compte triple, tout ça…)


Quelques choses sérieuses, sans avoir l'air d'y toucher


41. Qu'est-ce qui vous met encore en colère ?

La connerie poussée en queue de boudin, et la haine qui l’accompagne (Brexit, America Great Again, enfin ; les portes drapeaux teigneux, en général).

Aussi, la non considération de problèmes essentiels (écologiques, sociétaux…) sous prétexte de profit, ou de conservatisme.


42. Qu'est-ce qui vous émerveille encore ?

Les enfants, en général. Et la part encore enfantine des personnes que je côtoie. Elle se cache parfois derrière quelque pudeur. Mais j’adore la découvrir, échanger.

La nature. Surtout océane (je ne suis pas un homme des bois !).


43. Sur quoi avez-vous complètement changé d'avis ces dix dernières années ?

Le Mont Saint Michel se trouve effectivement en Normandie. (En fait, je m’en fous, mais j’adore en parler !)


44. Quelle époque auriez-vous aimé connaître — à condition évidemment de pouvoir en revenir ?

J’imagine que j’aurais été enthousiasmé par les années 1880-1910. Rêver un peu Jules Vernes. Croire à un mieux possible. S’enthousiasmer de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Croiser Apollinaire. S’extasier d’Art Nouveau... Inconscient du désastre à suivre.


45. De quoi avez-vous peur de manquer ?

De temps.


46. Qu'est-ce que vous savez aujourd'hui que vous auriez aimé savoir à vingt ans ?

Qu’au fond, la vie est belle. Ce dit, à vingt ans, je le savais déjà. Mais quelques années plus tôt, j’en étais bien moins sûr.


Et Waiting for Hippies dans tout ça ?


47. Avant d'arriver chez Waiting for Hippies, quelle vie avait ce manuscrit ? Dormait-il dans un tiroir, circulait-il déjà, l'aviez-vous proposé ailleurs ?

Quand je suis tombé sur l’appel à textes de Waiting for Hippies, Sheroesattendait depuis quelques mois une énième relecture. Je ne m’étais pas décidé à véritablement chercher un éditeur. Et quand j’ai vu une maison d’édition qui ne demandait que les trente premières pages du manuscrit et le synopsis, je me suis dit que cela signifiait qu’on allait les lire, et j’ai donc osé tenter l’affaire…


48. Vous souvenez-vous de votre première réaction quand WFH vous a dit : « On veut publier votre livre » ?

Le temps de relire ces quelques pages, une toute neuve publication de Waiting for Hippies disait avoir trouvé les quelques auteur.e.s qu’ils cherchaient. Ac’h ! Gast ! (Me suis-je dit, assez secoué pour entendre le breton). J’ai cependant adressé ma bouteille à la mer, et Fleur m’a répondu dans la presque foulée qu’elle voulait bien lire l’ensemble. Je lui ai envoyé le manuscrit, assez fébrile, et quelques jours plus tard, elle m’a fait savoir son enthousiasme et qu’il y avait une place pour moi à bord. Bref… Une très belle surprise.


49. Pourquoi avoir choisi de nous suivre dans l'aventure d'une maison qui démarre plutôt que d'attendre sagement qu'une vieille dame de l'édition vous ouvre sa porte ?

M’enfin ! Je ne pense pas avoir le pouvoir d’intéresser les vieilles dames.

Aussi, quand je suis tombé sur WFH, j’ai imaginé une maison d’édition nouvelle potentiellement plus intéressée que d’autres par de parfaits inconnus.


50. Qu'est-ce qui vous a plu — ou intrigué — chez Waiting for Hippies ?

Je suis allé voir leur site quand il était encore en construction. J’y ai lu qu’ils revendiquaient une forme d’élégance punk, et je me suis dit que… Tiens donc ! Mais… Mais enfin ! Et puis le ton des publications un peu décalé et ce que je comprenais de leur projet me plaisaient.


51. Maintenant que vous nous connaissez mieux : qu'est-ce qui vous a surpris chez WFH, en bien ou en mal ?

Leur professionnalisme, leur enthousiasme, leur énergie. (Fleur doit sentir la caféine).


Et après ?


52. Quand un livre est terminé, vous ressentez quoi : soulagement, manque, envie de ne plus jamais écrire ou besoin de recommencer immédiatement ?

Un grand soulagement lié au plaisir d’avoir mené un projet jusqu’à son terme, et l’envie sinon le besoin d’écrire, dans la foulée.


53. Est-ce qu'un autre livre est déjà en train de vous occuper l'esprit ?

Plusieurs, oui.

Un deuxième roman sur ses rails, un troisième en pointillés où on retrouve quelques personnages de Sheroes. Non pas pour constuire une trilogie, mais faire vivre une petite comédie humaine, à ma façon.

Un conte, presque terminé, illustré par ma graphiste de fille.

Enfin, peut-être aussi un projet d’écriture à quatre mains.


54. Qu'est-ce que vous avez envie d'écrire maintenant que vous n'auriez pas eu envie — ou pas été capable — d'écrire il y a cinq ans ?

J’aimerais écrire quelque chose qui s’inscrive dans un autre contexte. Réussir à sortir d’une zone de confort. Le début du XXe siècle ou les années 40 me paraissent être de bonnes pistes.


55. Si on se retrouve ici dans trois ans, qu'aimeriez-vous pouvoir nous raconter ?

Déjà, ce serait un tel plaisir qu’on s’y retrouve ! Ensuite, j’aimerais pouvoir raconter comment un ou deux autres de ces projets ont pu voir le jour ?


Avant de vous laisser partir


56. Votre livre est posé dans une librairie entre deux autres livres. Vous choisissez lesquels ?

Je ne saurais trop dire. De ce que j’ai lu des auteur.e.s WTH, j’aime bien l’idée que mon livre soit entre deux autres de leur collection « romans contemporains ». Mais mon fantasme, c’est qu’il soit parmi les ouvrages estampillés « coups de cœur » avec un petit mot du / de la libraire disant le pourquoi il a été rangé là, dans une petite librairie, du genre de celles où on va sans trop savoir ce qu’on vient y chercher, mais d’où on ressort, toujours, content de l’avoir trouvé.


57. Quel lecteur rêvez-vous secrètement de rencontrer ?

Un.e réalisateur.trice qui se dise que mon roman pourrait faire un chouette film. Mais, eh ! Je m’occupe de la bande son, hein ?

(On a bien dit secrètement, hein !?)


58. Quel est le plus beau compliment qu'on pourrait vous faire sur ce livre ?

Oh la la !


59. Maintenant qu'il ne vous appartient presque plus : qu'est-ce que vous aimeriez lui dire avant de le laisser partir ?

Au roman ?

Juste une minute encore !

J’ai encore des trucs à écrire !

A Charlotte ?

N’oublie jamais que tu es belle.


60. Et finalement : qu'est-ce que vous attendez encore ?

Des « encore ! »

(C’est bon, ça, les « encore » !)

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