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L'auteur

Hélène Maurice

Je ne suis pas une bourgeoise.

Je ne suis plus une midinette.


J’aime les cuisses de grenouille, si je peux y mettre les doigts.

J’aime les Patrice.

J’aime les gens, mais pas tout le monde.


J’aime les surprises, quand elles sont bonnes. Les mauvaises, je les fais.


Je n’aime pas les gens qui embrassent mal, j’aime les bons baisers.

Je n’aime pas bricoler : j’ai les poignets cassés.


J’aime les fruits secs et, bientôt, les graines. L’idée me déplaît mais j’aime leur goût.


Je ne suis pas bizarre, c’est un regret. Je suis cartésienne, je crois. La honte.


Les gens louches m’attirent.

J’aime le mot INTERLOPE. Il va avec tout.


J’aime voyager. J’aime les clichés.

Je n’aime pas le bon goût. Le mien est mauvais.


Depuis que je n’ai plus le temps, je n’aime pas être en avance.


Je suis très sérieuse derrière la légèreté et l’amusement. Je me cache.


Je déteste les gens qui prennent ma place. Faire la queue m’angoisse.


Je n’aime pas qu’on me mente. Pourtant, j’adore mentir. Comme dirait Herbert Léonard : pour le plaisir... d’inventer, d’improviser.


Je n’aime pas vieillir. Qui aime ça ?


Je ne suis toujours pas sage. Ça vient quand, la sagesse ? Je commence à m’inquiéter.


Je pense peu, je pense mal. Alors je ne le fais pas.

J’admire ceux qui savent réfléchir, avec une pointe de jalousie.


Avant, j’étais souvent jalouse. Moins aujourd’hui.

C’est ça, la sagesse ?


J’aime les huîtres creuses, n°3 de Prat-ar-Coum. Avec du citron.

J’aime le pain. Le beurre, c’est important.

J’aime les abats. Les rognons, les gésiers. Les tripes. La langue, surtout.


J’aimais bien les drogues. Plus maintenant.

Mais j’aime toujours l’alcool.


Je peux dire n’importe quoi. Et parfois, non.


J’aime bien parler avec l’accent breton. Des grandes marées.


J’aime les bars. J’aime les comptoirs. Parfois, j’y parle des grandes marées avec l’accent breton. J’aime bien Olivier de Kersauzon.


J’aime bien écrire. Mais j’écris mal.


Et puis, j’ai fait le choix d’écrire un mauvais roman. Ça m’a plu. C’est très plaisant, un mauvais roman : aucun stress à conserver quelque chose de bon. Non, on sait que tout y est mauvais.


Le mien a été fidèle à lui-même : mauvais de bout en bout. Constant dans sa médiocrité.


Quel bonheur. Quelle sérénité.


Ah oui. J’aime les gens qui aiment les mauvais romans. Peut-être vous aimerais-je ? Si vous aimez le mien.

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