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Interview

Autoire El Siniya

Auteur de Icônes

Vous, d'abord


1. Si on enlève votre nom, votre métier et votre biographie officielle : vous êtes qui ?

Je me souviens de cette série télé, Dr House. Dans un épisode, un patient arrive complètement odieux avec tout le monde, sa femme, ses enfants. Sa femme témoigne que cela ne lui ressemble pas, lui si gentil depuis toujours. Les médecins passent l’épisode à suspecter un virus rare, une maladie dégénérative, un truc qui modifie sa personnalité. Dr House, lui, trouve : c’est une perte d’inhibition. Horreur de sa famille : tous pensaient connaître quelqu’un et ils voient enfin le vrai salaud que c’est. L’épisode finit sur une réflexion : ce patient est-il le salaud qu’il est ou l’effort qu’il a manifesté toute sa vie pour le cacher et donner un père et un mari aimant à ceux qu’il aime ? Je crois qu’on en est tous un peu là, tentant tant bien que mal de payer son humanité.


2. Quel enfant étiez-vous ?

Je me souviens plus. Je me rappelle quand même d’une grande joie sans comprendre trop ce qui se passait autour et ce qu’on voulait de moi.


3. Qu'est-ce qui vous a construit — ou abîmé — suffisamment pour que vous vous mettiez un jour à écrire ?

Définitivement le silence qui régnait chez moi. Un silence que j’ai jamais entendu ailleurs, solide, rempli de toutes les insultes, disputes, ressentiments qui allaient sortir si quelqu’un se décidait à ouvrir la bouche. De quoi faire la blague dans sa tête et bien se marrer. Je dois préciser que séparément, c’était vraiment de belles personnes, mais ensemble, ça marchait simplement pas.


4. Vous souvenez-vous du premier livre qui vous a vraiment fait quelque chose ? Pas nécessairement le meilleur : celui après lequel vous n'étiez plus tout à fait le même.

Le Vieil Homme et la Mer. Simple, un aller-retour sur un bateau. Un combat contre un espadon, les requins, et, de retour au port, rien qu’un énorme et magnifique squelette.


5. Et du premier livre qui vous a donné envie d'écrire ?

Les quatrains d’Omar Khayyam. C’est aussi l’inventeur de l’inconnue x dans les équations de mathématiques au collège, donc faut peut-être se rabibocher avec ce mec grâce à sa poésie.


6. Qu'est-ce que vous aimez chez les gens ?

La plupart du temps, qu’ils me laissent tranquille, mais parfois, on rencontre des gens sans qui le monde paraîtrait plus vide et la vie moins vivante.


7. Qu'est-ce que vous supportez très mal ?

Je sais pas comment on fait pour pas finir claustro en sortant de là.


8. Vous êtes plutôt nostalgique, inquiet du présent ou curieux de ce qui arrive ?

Bah curieux, réchauffement climatique, l’avènement technologique de la virtualité, y a eu quoi de plus intéressant à vivre dans l’histoire humaine, à part la découverte du feu ?


Maintenant, le livre


9. Pourquoi fallait-il que vous écriviez celui-là ?

Parce que l’histoire d’amour entre Dieu et nous est une histoire d’amour après rupture.


10. Vous souvenez-vous du moment précis où il a commencé à exister ?

Y a à peu près deux ans. J’étais en train d’écrire un truc et je bloquais dessus parce que le début d'Icônes commençait à s’imposer et que je pouvais pas faire autrement que l’écrire avant de passer à autre chose.


11. Entre le livre que vous pensiez écrire au départ et celui qui existe aujourd'hui, que s'est-il passé ?

La rencontre avec mon éditrice. Eminem qui rencontre Dr Dre.


12. Quelle part de vous avez-vous mise dedans, y compris celle que personne ne saura reconnaître ?

Alors là, faut faire attention. Sur cette question, la littérature, faut pas la rendre plus compliquée juste pour jouer au poète-pouët : c’est comme parfois se poser avec un ami la nuit et l’écouter parler. Parfois, le type arrive à parler si sincèrement de lui qu’on entend qu’il parle aussi de vous. Ce qui est compliqué, c’est que pour arriver à ça, faut écrire comme Ross Chastain a conduit sa NASCAR à Martinsville : « I’m just gonna put my foot on the floor and I’m not lifting till I see God or the checkered flag. »


13. Y a-t-il quelque chose que vous avez osé écrire et que vous n’auriez jamais réussi à dire ?

Non.


14. Quel personnage vous ressemble le moins ? Et lequel vous ressemble beaucoup plus que vous ne voudriez l'admettre ?

Le personnage principal. Et pour la seconde question Flora.


15. À quel moment de l'écriture avez-vous pensé : « Ah, merde, là il se passe quelque chose » ?

En écrivant, je lisais André Breton et Confession d’un masque de Mishima. J’écris un chapitre en m’inspirant d’un épisode que j’ai vécu enfant. Le lendemain, je reprends la lecture et retrouve, transposé au Japon du début du XXe siècle, ce que je viens d’écrire. J’ai vécu une chose similaire avec Breton à un autre moment et là, on se dit qu’on écrit une réaction chimique, où de la vie s’incorpore dans le livre.


16. Et à quel moment avez-vous eu envie de tout foutre à la poubelle ?

À aucun moment. Jamais. Que ça soit nul ou pas, j’ai pas grand-chose d’autre à foutre qu’écrire de toute façon.


17. Quelle scène, quel passage ou quelle idée était là depuis le début et devait absolument survivre jusqu'au livre final ?

C’est pas ma façon d’écrire, je garde tout.


18. Qu'est-ce qui a disparu en cours de route ?

Ce que mon éditrice m’a conseillé d’enlever parce que c’était illisible sauf par moi.


19. Qu'aimeriez-vous que le lecteur ressente en refermant le livre — pas qu'il comprenne : qu'il ressente ?

Qu’on se marre bien quand même dans cette vie, malgré tout.


20. Et qu'est-ce que vous ne voulez surtout pas lui expliquer ?

Que ce roman est le tremplin à une trilogie qui est déjà écrite. Vous allez retrouver les personnages secondaires et leurs histoires.


Votre petite cuisine


21. Vous écrivez comment : rituel obsessionnel, discipline militaire, chaos intégral, quand ça vient ?

Jamais sur l’ordi, car faut constamment se casser la nuque entre regarder le clavier et regarder l’écran. J’écris feuille blanche et stylo Bic parce que c’est une sensation magique : ça coûte deux euros max et y a moyen d’atteindre la perfection. Va faire ça au cinéma où il faut un crédit à six chiffres pour atteindre un résultat potable… Même la peinture, faut pas oublier que même Van Gogh, ses tubes de peinture coûtaient extrêmement cher, financés par son frère. Parfois, je passe à l’écriture sur mon portable, dans les notes, parce qu’écrire au pouce est devenu naturel pour nous tous, donc ça donne une écriture sans chichi mensonger.


22. Silence absolu ou musique ?

Un podcast de NBA la plupart du temps. Ou un truc bien complotiste, du genre l’interprétation illuminati ou reptilienne d’un clip de musique ou d’un film en bruit de fond.


23. Vous écrivez vite ou vous passez vingt minutes sur une virgule ?

Faut bien que ça soit les deux, avec le même bonheur de l’enfant qui joue avec ses Legos.


24. Il y a une heure, un endroit, une boisson, une cigarette, un objet sans lequel ça marche moins bien ?

J’ai pas ce luxe là. Je suis salarié et on en est tous là : on pirate au mieux le temps qu’on nous laisse ou qu’on arrive à prendre.


25. Vous montrez ce que vous écrivez en cours de route ou personne n'a le droit d'approcher ?

Encore une fois, c’est pas dans ce sens-là qu’il faut poser la question. J’écris soit le matin au feu rouge sur la route du boulot, soit sur ma pause déj’, soit après que j’ai couché ma fille et que ma femme, elle aussi, part se coucher (j’ai la chance d’avoir une femme qui se couche tôt, Dieu merci), donc j’écris forcément seul.


26. Quand vous relisez vos textes anciens, vous avez envie de les défendre, de les réécrire ou de vous cacher sous la table ?

Mes livres sont déjà écrits. Suffit maintenant que je les retravaille pour publication, mais ça, c’est une autre histoire. Publier et écrire, c’est deux choses différentes. À la base, je voulais juste écrire, mais sur le long terme, c’est pas une façon de faire vivable. Pour pas me sentir fou, il fallait en publier au moins un. Peut-être qu’un jour je m’expliquerai dessus si j’en ai l’occasion.


La bande-son


27. Si votre livre était un disque, lequel serait-il ?

Peut être un disque de Mano Solo.


28. Quel morceau pourrait passer pendant le générique d'ouverture ?

Des années entières de Mano Solo. Pour ceux qui connaissent pas, foncez dessus, je suis déjà content pour vous.


29. Et pendant le générique de fin ?

Faut que ça se termine sur Caca-Chocolat du Professeur Choron. Évidemment. « Entre la bouche et l’anus reliés par un boyau 60 centimètres par plus de distance à vol d’oiseau et quand on se roule un patin la langue est dans l’intestin. Y a rien de pire que l’ignorance, on s’instruit pendant qu’on danse. »


30. Quelle chanson connaissez-vous tellement par cœur qu'elle fait désormais partie de vous ?

Je veux pas mentir j’en ai aucune.


31. Quel artiste auriez-vous aimé voir sur scène à n'importe quelle époque, morts compris ?

Une voix de castrat. Paraît que c’était quelque chose d’entendre ça. On n’aura plus l’occasion d’en entendre une, question de Code pénal.


32. Quel disque avez-vous tellement écouté qu'il est associé à une période précise de votre vie ?

Les disques de Bob Dylan, le GOAT. Surtout l’album Time Out of Mind. L’écouter entièrement d’un trait et on comprend le pourquoi du titre.


33. Votre plaisir musical légèrement honteux — celui que vous défendrez quand même jusqu'à la mort ?

Les Sardines de Patrick Sébastien. J’en démordrai pas : dans 500 ans, on aura oublié qui a écrit ça et ça deviendra juste une chanson populaire qu’on connaît tous, comme Sur le pont d’Avignon ou Le Roi Dagobert… C’est pas donné à tout le monde d’être à l’origine d’une chanson comme ça.


34. Trois morceaux pour accompagner la lecture de votre livre ?

Du Mano Solo pour les chapitres et entre les chapitres, du Creedence Clearwater Revival pour donner de la gnac.


Votre bibliothèque, votre panthéon et vos mauvais goûts


35. Quel écrivain auriez-vous aimé avoir pour ami ?

Christian Bobin. Ça avait l’air d’être un bon gars.


36. Et lequel vous fascine mais aurait probablement été insupportable à fréquenter ?

Léon Bloy.


37. Le livre que vous offrez le plus souvent ?

L’Alchimie du Bonheur d’Al Ghazali.


38. Un immense classique devant lequel vous restez totalement froid ?

Les Illuminations de Rimbaud. Surestimé, le Rimbaud. Ce qui est beau, c’est pas un gamin de 14 ans qui écrit un chef-d’œuvre, c’est un mec de 70 ans qui, après 40 ans de boulot à cotiser pour sa retraite, un divorce, une garde alternée, avoir vu son gamin devenir un adulte con comme les autres, une stéatose hépatique sévère, continue à écrire et pond un chef-d’œuvre. Là, c’est chapeau.


39. Un livre considéré comme mineur ou mauvais que vous adorez ?

L’Homme du livre de Driss Chraibi.


40. Vous pouvez voler une phrase à toute la littérature mondiale et prétendre qu'elle est de vous. Laquelle ?

Toute la littérature mondiale est potentiellement de moi. Y a aucune différence entre piquer un moment de vie de ton pote, un mot que tu as entendu à la télé ou dans la bouche d’un passant dans la rue et une phrase de littérature. Si ça dit parfaitement ce que t’avais en tête, pourquoi se priver ? Parce que question de Code pénal, encore une fois.


Quelques choses sérieuses, sans avoir l'air d'y toucher


41. Qu'est-ce qui vous met encore en colère ?

Souvent moi. J’espère que vous me pardonnerez le ton de certaines réponses. J’essaie de faire de mon mieux.


42. Qu'est-ce qui vous émerveille encore ?

Chaque année l’automne et au plus froid de l’hiver, la nuit, quand on fume une cigarette dehors avant de se coucher et après avoir écrit.


43. Sur quoi avez-vous complètement changé d'avis ces dix dernières années ?

Les homosexuels, les trans, etc. Force à eux. Ça doit être chiant d’être ramené constamment et entièrement à ce qu’on fait de son anus. En tant que musulman, c’est la même condition. Combien de fois on me parle pas à moi, mais à l’Arabe qu’ils ont dans la tête.


44. Quelle époque auriez-vous aimé connaître — à condition évidemment de pouvoir en revenir ?

La Mecque et Médine du temps du Prophète et, plus généralement, vivre un moment prophétique. Quelle autre époque pourrait nous emmener au plus profond des questions humaines ?


45. De quoi avez-vous peur de manquer ?

D’argent. Le reste, on peut s’en occuper, non ? Mais c’est dur quand ton estomac et tes besoins vitaux sont pris en otage pour aller bosser.


46. Qu'est-ce que vous savez aujourd'hui que vous auriez aimé savoir à vingt ans ?

Qu’on n’est pas neuf à 20 ans, mais qu’on peut aspirer à l’être plus tard si on se décharge assez de ce qu’on répète du bruit diffus du monde.


Et Waiting for Hippies dans tout ça ?


47. Avant d'arriver chez Waiting for Hippies, quelle vie avait ce manuscrit ? Dormait-il dans un tiroir, circulait-il déjà, l'aviez-vous proposé ailleurs ?

Peut-être que c’est l’occasion ici d’expliquer pourquoi j’ai tenté de publier ce manuscrit. Voici ce que j’ai un jour dit à mon éditrice :

« Pour être sérieux mais je te l'avais dit, mon intention de publier c'est vraiment que y a un an à peu près c'était un samedi dans la nuit et j'ai posé le stylo une énième fois en me disant : mais je suis fou c'est tout. Y a tous mes potes en train de sortir dans les bars, ma femme dort, se repose et moi j'écris comme un autre ferait des maquettes de la tour Eiffel en allumettes... Donc là je me suis dit que mon truc ça marchait plus, fallait quand même une reconnaissance d'autrui pour continuer et pas m'épuiser... »

Ces moments dans la nuit où on pose son stylo après avoir gratté sur une page blanche depuis quatre heures, qu’il est 2 h du mat’, qu’on est épuisé parce qu’en semaine c’est pareil, écrire jusqu’à 1 h, se réveiller à 7 h déjà fatigué, quand la nuit y a pas un bruit et qu’on écrit comme ça depuis quinze ans pour personne sauf soi et un pote peintre (Antonio Almodovar), on a la sensation d’être juste débile et je voulais plus ressentir cette sensation, donc fallait publier.


48. Vous souvenez-vous de votre première réaction quand WFH vous a dit : « On veut publier votre livre » ?

Vous connaissez John Kennedy Toole ? Je vous laisse voir son Wikipédia. Donc oui, c’était une bonne chose, cette réponse positive.


49. Pourquoi avoir choisi de nous suivre dans l'aventure d'une maison qui démarre plutôt que d'attendre sagement qu'une vieille dame de l'édition vous ouvre sa porte ?

Voici le premier mail que j’ai reçu de Waiting For Hippies : « Vous êtes un petit con. J’ai détesté votre premier courrier parce que vous aviez l’air prétentieux et que vous nous colliez un manuscrit de 258 pages quand on en demandait trente. Je vous ai trouvé arrogant quand vous disiez ne pas vouloir saucissonner votre texte. Mais vous aviez raison. Je crois que votre roman au titre imbitable est un grand texte. Ou alors c’est une sombre merde. Mais vous m’avez touchée droit au cœur. » Comment refuser quand on me parle comme ça ?


50. Qu'est-ce qui vous a plu — ou intrigué — chez Waiting for Hippies ?

Voir la réponse d’avant !


51. Maintenant que vous nous connaissez mieux : qu'est-ce qui vous a surpris chez WFH, en bien ou en mal ?

La minutie du travail. C’est bien. Y a encore des gens sur cette terre qui ont le goût du travail bien fait.


Et après ?


52. Quand un livre est terminé, vous ressentez quoi : soulagement, manque, envie de ne plus jamais écrire ou besoin de recommencer immédiatement ?

Vous voyez l’été quand on sort d’une baignade dans l’océan à jouer dans les vagues pour se poser sur sa serviette au soleil. On se réchauffe, on sent encore la puissance des vagues sur son corps, la peau est encore froide de l’eau. On est bien sous le parasol et on a hâte de se sécher totalement pour y retourner. Bah, c’est ça la sensation. Encore une fois, faut pas se laisser avoir par les poètes-pouëts qui tentent de vous faire croire que la littérature, c’est séparé du reste de la vie pour mieux trôner à vide.


53. Est-ce qu'un autre livre est déjà en train de vous occuper l'esprit ?

Y a les trois livres qui feront la fresque d’Icônes. Et puis y a les autres livres. Tout est là, dans les tiroirs ou dans la tête. Y a plus qu’à.


54. Qu'est-ce que vous avez envie d'écrire maintenant que vous n'auriez pas eu envie — ou pas été capable — d'écrire il y a cinq ans ?

Même réponse que la dernière question.


55. Si on se retrouve ici dans trois ans, qu'aimeriez-vous pouvoir nous raconter ?

Que j’ai réussi à aller jusqu’au bout.


Avant de vous laisser partir


56. Votre livre est posé dans une librairie entre deux autres livres. Vous choisissez lesquels ?

Je viens de faire la recherche sur ChatGPT. Je suis entre Will Eisner et Bret Easton Ellis. Ça me va.


57. Quel lecteur rêvez-vous secrètement de rencontrer ?

L’enfant qu’on était. Vous imaginez. Quel que soit ce qu’on fait chacun dans notre vie. Donner un bon croissant quand on est boulanger à l’enfant qui savait pas ce qu’il allait devenir.


58. Quel est le plus beau compliment qu'on pourrait vous faire sur ce livre ?

Je pense vraiment que c’est le genre de livre qui pourrait suivre quelqu’un dans son déménagement et être rangé dans un coin de son appartement, mais qu’on jette pas ; parce qu’il est important pour cette personne de garder ce livre auprès de soi.


59. Maintenant qu'il ne vous appartient presque plus : qu'est-ce que vous aimeriez lui dire avant de le laisser partir ?

J’espère qu’il sera pas lu par des cons.


60. Et finalement : qu'est-ce que vous attendez encore ?

Me libérer du salariat pour avoir du temps pour écrire plus et tranquille. Ce livre coûte 25 euros. C’est deux menus McDo, donc faut pas abuser. C’est un prix honnête, sinon, au Jugement dernier, faudra pas pleurnicher à se regarder dans la glace.

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